Mort de Dinah, adolescente d'origine réunionnaise: le parquet de Mulhouse classe les plaintes des parents

Rédigé le 01/10/2022
LG

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Quasiment un an après la mort de Dinah, une adolescente d’origine réunionnaise inscrite dans un collège de Mulhouse, l’enquête s’achève sur un classement sans suite.

En conférence de presse ce vendredi 30 septembre, la procureure du parquet de Mulhouse Edwige Roux-Morizot a annoncé le classement sans suite de la plainte des parents de Dinah. La jeune fille de 14 ans s’était suicidée en octobre 2021.

"Les éléments recueillis au cours de l’enquête ne permettent pas d’établir le harcèlement (…) De même, l’enquête a objectivement démontré que l’établissement scolaire a pris en compte le mal-être de la fille, qui a été reçue à plusieurs reprises. Toute l’équipe éducative avait appelé les professeurs de Dinah à la vigilance. Des questions ont été posées, des filles ont été convoquées. Tout est documenté", a méticuleusement déclaré la procureure Edwige Roux-Morizot. 

Dinah, âgée de 14 ans, avait mis fin à ses jours le 5 octobre 2021. Sa mort avait suscité un vif émoi. La collégienne en serait venue à cette issue fatale après avoir reçu des menaces, durant deux ans, de la part de jeunes filles auxquelles elle avait confié son homosexualité. En plus de ce harcèlement en raison de son orientation sexuelle, un harcèlement à caractère raciste était suspecté.
​Vidéo - Suicide de Dinah : Son frère veut que ses harceleurs "paient"

"Dinah assumait résolument son orientation sexuelle. De même, elle faisait partie d’un collège où 80% des élèves sont issus d’origine diverses. Il n’y avait pas de stigmatisation du fait de son métissage. Il y a bien eu quelques insultes, mais aucun fait répété dans le temps ne permet de caractériser le harcèlement", a précisé la procureure.

Le parquet de Mulhouse boucle ainsi six mois d’une enquête faisant suite à plusieurs plaintes de la famille Gonthier pour harcèlement moral, complicité de harcèlement moral, provocation au suicide, omission de porter secours ou encore homicide involontaire.

Cette enquête a donné lieu à 120 auditions et à l’exploitation des ordinateurs et téléphones portables d’élèves. 

L’adolescente avait déjà fait une tentative de suicide en mars 2021 et "dont la cause immédiate était une déception amoureuse", a affirmé la procureure.

Ce drame avait connu un retentissement particulier à La Réunion puisque la famille de l’adolescente y est originaire. Une marche blanche avait été organisée à Saint-André le mercredi 10 novembre devant le collège Mille Roches.