Jaloux, il la frappe et crève ses pneus pour l'empêcher de partir

Rédigé le 30/09/2022
Regis Labrousse

8

Wilfrid J., 30 ans, n'est pas du genre à s'embarrasser de fioritures. Alors que sa compagne veut partir après une dispute, il la laisse sortir mais crève les pneus de sa voiture pour qu'elle n'aille pas trop loin quand même. Pour ne rien arranger, il est violent et doit en répondre ce vendredi en comparution immédiate.

Le faits se sont produits à Sainte-Marie le 28 septembre dernier. Il est 21h30 lorsque les gendarmes interviennent pour des violences conjugales. Wilfrid J. et sa compagne sont en couple depuis le mois d'avril 2022 mais depuis un certain temps, rien ne va plus. Elle vient d'obtenir son diplôme d'infirmière et a trouvé du travail alors que lui est plus que oisif. Fatalement, ça la rend plus objective sur leur relation où monsieur avait une certaine emprise sur elle.

Ce 28 septembre, armé d'un couteau, il la force à déverrouiller son téléphone. Il soupçonne une idylle avec un copain à lui. En effet, elle communique avec son dalon pour parler de sa relation compliquée et des violences qu'elle subit. Il tombe sur le dernier message où elle écrit qu'elle a besoin de sortir pour respirer. Lui pense qu'elle va le rejoindre. 

Il s'énerve, casse la table basse et lui assène trois coups au visage. Il la laisse finalement sortir, monter dans sa voiture et finit par sortir derrière elle pour crever deux pneus avec son couteau. Résultat pour elle : une ITT de 2 jours. Les gendarmes interviennent et le placent en garde à vue. Ce vendredi, il doit répondre aussi de faits de violences survenus au mois de mai dernier mais le tribunal le relaxera, estimant qu'il n'y a pas assez d'éléments dans le dossier.

En revanche, pour les faits du 28 septembre, le président dispose d'éléments concrets. À la barre, le prévenu affirme : "Je n'ai pas mis 3 coups de poings monsieur, sinon elle ne serait pas comme ça. Elle n'aurait pas la figure neuve ! Je pensais qu'elle allait voir le type, mon dalon, c'est pour ça que j'ai crevé les pneus". 

Présente à l'audience, la victime tient à s'exprimer et à répondre : "Je lui explique que j'ai besoin de respirer, que j'avais besoin de partir. Il m'a forcé à déverrouiller mon tel sous la menace d'un couteau. J'ai fait sortir mon fils et je suis resté pour le calmer. Il m'a laissé sortir puis est venu à la voiture crever les pneus avec son couteau. Les trois coups, je les ai bien reçus", explique la victime avec beaucoup de courage. Il revient à la barre et insiste : "Moi, j'étais bien chez ma mère. Je lui ai rien demandé, c'est elle qui vient me chercher et qui me donne. Ma mère sait, je lui ai tout raconté". 

"Elle a commencé à travailler en août et cela lui donne moins d'emprise sur elle. Ça l'a rendu plus indépendante et lui a ouvert les yeux. Il a une relation certaine à la violence, peut-être à cause des stupéfiants", assène la partie civile. Il convient d'expliquer que le prévenu s'en est pris encore à elle lors de la confrontation de garde à vue. Il s'en est aussi à la femme gendarme qui les entendait, obligeant ses collègues masculin à intervenir... Même à l'audience, il fait montre d'un certain agacement. D'ailleurs comme il le dit : "Je ne renierai jamais mon passé mais vous ne devez pas en tenir compte pour me juger". Avec 20 condamnations à son actif, dont 7 pour des faits de violences, on peut le comprendre. 

"Ce soir-là, l'intervention des gendarmes a été salvatrice", tance le parquet. "C'est une relation courte où les faits vont crescendo car il a une certaine emprise sur elle et ses enfants. Elle travaille alors qu'il ne fait que dormir et est tout le temps insatisfait. Il n'a pas froid aux yeux de vouloir la faire passer pour une menteuse. Que ce serait-il passé si ça avait été une femme à votre place Monsieur le Président car il ne veut pas parler aux femmes. On sent qu'il est bouillonnant de violences !", requiert la procureure qui demande une peine de 30 mois de prison assortie d'un mandat de dépôt. 

La défense reconnait sur ce dossier, compte tenu des éléments et du témoignage de la victime, que son rôle n'est pas évident : "On imagine bien les faits, mais il n'y a personne pour attester de leur véracité. Les témoins expliquent qu'elle ne va pas bien, qu'elle a changé, mais personne n'a rien vu. On entend, mais on ne voit pas, il n'y a pas de témoin direct", plaide la robe noire. Le tribunal a bien reçu les arguments de la défense et relaxe le prévenu pour les faits du mois de mai faute d'éléments.

Pour le 28 septembre, le prévenu est condamné à 2 ans de prison avec mandat de dépôt et a interdiction de contact pour 3 ans avec en plus, 18 mois au dessus de la tête en cas de manquement. Il repart furieux du tribunal en s'en prenant à son ex-compagne mais prend le temps d'envoyer un baiser à sa mère qui tente de le calmer.