Vidéo - Air France joue la carte locale au niveau de ses plats en classe business

Rédigé le 30/09/2022
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Profitant de la venue dans l'île de la directrice générale d'Air France, Anne Rigail, la compagnie aérienne faisait un point ce vendredi sur ses dernières actualités et sur la restructuration de ses offres commerciales. Confrontée comme toutes les entreprises du secteur aérien à de graves turbulences en raison de l'épidémie de covid-19, Air France a malgré tout tenu le cap, indique la n°2 de la compagnie nationale française. Une bonne tenue qui permet à cette dernière d'entrevoir l'avenir plus sereinement, entre restructuration de l'offre et limitation de ses émissions en CO2.

Cela faisait un petit moment que la venue d'Anne Rigail à La Réunion était prévue afin de fêter les 75 ans de présence de la compagnie dans l'île. C'était sans compter sur la crise covid et de ses conséquences sur le trafic aérien. Au plus fort de cette crise, Air France avait dû réduire de près de 95% son activité, ce qui n'a pas empêché la compagnie nationale "de maintenir la desserte Réunion".

"Nous n'avons jamais arrêté notre desserte de la destination Réunion, bien au contraire. Comme d'autres territoires comme les Antilles, l'île a été une destination refuge pour bon nombre de touristes, ce qui nous avait amené à renforcer la desserte avec jusqu'à trois vols quotidiens, sans compter les vols cargo et la ligne directe ouverte entre l'île et Roissy", tient à rappeler Anne Rigail.

La directrice général d'Air France annonce des investissements sur la flotte entre l’île et la France hexagonale, "avec l’installation du wifi et des cabines refaites à neuf". Mais une des plus grosses nouveautés qui devraient ravir les papilles des passagers au départ de La Réunion est le partenariat signé entre Air France et le cuisinier en chef du Diana Dea Lodge, Jofrane Dailly. Ce dernier signera deux plats sur les quatre proposés en classe business. "Nous sommes très heureux de ce partenariat qui met à l'honneur les saveurs réunionnaises. Jofrane proposera des produits locaux avec énormément de produits végétaux. Une bonne nouvelle quand on sait que de plus en plus de nos clients ont de l'appétence pour les plats végétariens", salue Anne Rigail. 

Pour le principal intéressé, ce partenariat avec une compagnie telle qu'Air France "est une immense fierté". "Les passagers pourront retrouver une cuisine terroir, de tradition, une cuisine un peu malbar avec du massalé (rires). Le végétal sera également de mise avec par exemple un risotto de zembrocal dans l'esprit du zembrocal que nous mangions le dimanche en pique-nique", dévoile "chef" Dailly.

Parmi les créations culinaires signées Jofrane Dailly pour Air France, on retrouve donc son risotto façon zembrocal au curcuma peï, légumes de saison et rougail en illusion ; le filet d'agneau au massalé, courges en jeux de textures, jus au tamarin ;  "Dans l'esprit d'un Kisherre", riz Basmati, légumes aux épices indiennes ; un filet de bourgeois de nos côtes, rôti au thym, sauce carry, condiment vindaye ; une trilogie de mousselines patates douces et citrouille, petits légumes glacés, jus aux épices douces et enfin, sa ballotine de volaille et son jus, millefeuilles de patate douce.
 


"Réduire de 30% nos émissions par passager/kilomètre"

La compagnie aérienne nationale se veut également être exemplaire en matière de transition écologique en se donnant pour objectif de réduire de 30% ses émissions par passager/kilomètre d'ici 2030. Premier levier de cet engagement, l'investissement dans de nouveaux appareils moins gourmands en carburant. La compagnie consacre plus d'un milliard d'euros tous les ans au renouvellement de sa flotte à travers l'acquisition des nouveaux Airbus A350 (long-courrier) ou des Airbus A220 (moyen courrier), des appareils consommant de 20 à 25% de carburant en moins.

Second levier engagé par Air France dans la baisse des émissions de sa flotte, l'utilisation de plus en plus prononcée de carburants dits "durables". Ces biocarburants, issus de la biomasse "pas en concurrence avec l'alimentation", précise Anne Rigail, peuvent économiser sur leur cycle de vie jusqu'à 80% d'émission carbone. "Progressivement, nous incorporons ces biocarburants pour aller à terme vers un engagement de plus de 10% de carburants durables. Ce n'est pas un sprint mais un marathon dans lequel nous nous engageons. Il y a urgence à préserver nos écosystèmes", poursuit Anne Rigail.

La directrice générale d'Air France a été également interrogée sur les dernières annonces de ses concurrents locaux, French Bee et Corsair pour ne pas les citer. Air France notamment été accusée par la dernière compagnie citée (Nouvelle flotte, fréquentation, mariage raté avec Air Austral : Corsair dresse le bilan d'une année "intense") de pratiquer de la surcapacité sur ses lignes ultramarines. "Nous n'avons pas affecté des fréquences en fonction de la concurrence et nous n'avons jamais utilisé les aides d'Etat pour rajouter de la capacité comme certains peuvent le dire", tient à indiquer Anne Rigail, qui assure au passage avoir tiré de cette crise -comme l'ensemble des autres compagnies- de nouveaux enseignements. "La crise aura permis aux compagnies d'être plus agiles dans leur gestion. Ce qui est sûr, c'est que nous continuerons d'adapter nos offres en fonction de la demande. Concernant La Réunion, nous aurons des pointes à trois vols quotidiens. Mais ce qui est sûr, c'est que nos offres resteront supérieures à ce que nous proposions avant 2019", termine-t-elle.