​Les jeunes réunionnais parlent moins bien créole

Rédigé le 20/12/2022
NP

44

L’enquête sur les migrations, la famille et le vieillissement 2020-2021 menée par l’INSEE dresse le bilan de l’évolution des valeurs que représentent la langue créole et les religions sur ces dix dernières années sur le territoire. La compréhension et la pratique de la langue connaissent un léger recul parmi les jeunes natifs.

Les natifs de l’île accordent une grande importance à la langue créole qui reste bien implantée sur le territoire.

Ce sont 90 % des natifs de l’île qui considèrent que la langue créole est importante pour l’identité du département et la quasi-totalité d’entre eux qui affirment la comprendre et la parler facilement. Cette connaissance de la langue créole se perd un peu plus chez les jeunes de 18-24 ans, qui avouent pour 10% d’entre eux ne pas totalement la maîtriser, contre 3% chez les plus âgés.

Les natifs de l’île veulent plus de place pour le créole réunionnais

Les natifs de l’île sont plus nombreux qu’il y a 10 ans à estimer que le créole réunionnais devrait être enseigné à l’école. Presque la moitié d’entre eux y sont favorables (49 % en 2020, contre 40% en 2010). Les natifs sont aussi de moins en moins nombreux à penser que le créole devrait se limiter à la sphère privée (35 % en 2020 contre 47% en 2010).

La pratique du créole et le souhait qu’il soit enseigné à l’école sont donc de plus en plus affirmés à La Réunion, bien que l’écart avec les autres DROM reste important. La grande majorité des natifs des Antilles-Guyane (de 84 % à 89 %) pensent que le créole devrait être enseigné à l’école et 20 % qu’il devrait se limiter à la sphère privée.

Les Métropolitains bien moins croyants que les natifs

Concernant les religions, leur pratique reste très ancrée sur le territoire, bien moins qu’il y a dix ans. En 2020, les habitants de 15 ans ou plus déclarent à 81 % avoir une religion (contre 86 % en 2010).

À La Réunion comme ailleurs en Outre-mer, les natifs du département et les immigrants nés à l’étranger sont le plus fréquemment croyants (respectivement 86 % et 90 %).

Les résidents venus d’ailleurs en France sont moins nombreux à déclarer avoir une religion (55 %).

Des religions qui coexistent

Les trois religions les plus citées sont les religions chrétienne (86 % des croyants), hindouiste (12 %) et musulmane (7 % des croyants). Ce sont 11 % des croyants qui déclarent avoir plusieurs religions. Dans le même temps, 45 % de ceux qui déclarent avoir une religion y accordent beaucoup d’importance, une part en baisse de 6 points par rapport à 2010.