Il frappe son ex-compagne pour récupérer ses bijoux de famille

Rédigé le 25/01/2023
Regis Labrousse

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Les victimes de violences conjugales obtiennent du tribunal des interdictions de contact pour leurs agresseurs afin de les protéger. Un conjoint comparaissait une fois encore pour des faits de violences et pour avoir ignoré cette interdiction.

Jean L. qui compte déjà 10 mentions sur son casier judiciaire se retrouve à nouveau devant le tribunal. Il est jugé pour avoir été violent avec sa compagne. Elle ne veut plus le voir, autant dire qu'il ne l'a pas bien pris. À force de palabres, l'homme de 55 ans réussit à la convaincre. Ils se retrouvent finalement le 19 janvier dernier. Ils se voient devant l'église de Sainte-Clotilde dans un premier temps et ça se passe mal.

Il veut se remettre avec elle mais apprend qu'elle a rencontré un autre homme. Il s'énerve et veut récupérer les bijoux qu'il lui a offert. Il s'agit d'une chaîne de cou et des boucles d'oreilles qui sont des bijoux de famille. Elle parvient à partir. Mais il la persuade de le retrouver à la station service. Elle finit par accepter, arrive en voiture, et le laisse monter coté passager.

Il lui prend la tête avec les mains pour lui voler un baiser. Elle le repousse et Jean L., particulièrement excité par la situation, prend sa main et la place sur son sexe pour le lui prouver. Il lui propose alors d'aller faire l'amour chez elle. Une fois encore, elle le rejette. 

Voulant absolument récupérer ses bijoux de famille, il lui arrache le collier du cou et tente ensuite de lui arracher ses boucles d'oreille. Elle ne se laisse pas faire. Il projette alors violemment sa tête contre le montant de la ceinture et finit par partir. Elle ira déposer plainte à nouveau le lendemain. Déjà sous le coup d'une interdiction de contact, il est placé en garde à vue. 

"Laisse à moin tranquille"

Devant la présidente, il minimise les faits et revient sur ses déclarations lors des auditions en garde à vue. "Elle était défoncée quand je suis entré dans la voiture. Je veux récupérer mes bijoux et c'est elle qui me dit de les arracher. Je veux lui enlever les boucles d'oreille et elle me griffe avec ses grands ongles et elle s'est cognée en tournant sa tête. Elle m'a embrassé, pas moi ! C'est vrai que je l'ai peut être poussée avec le poing", indique-t-il benoîtement avant de reconnaître finalement avoir arraché la chaîne de son cou.

C'est une victime apeurée et à bout de nerf qui se présente à la barre pour faire passer un pourtant si simple message : "Laisse à moin tranquille". Pour enfoncer le clou, la partie civile ajoute : "Elle a eu pitié de lui en raison de son chantage affectif. Elle ne se sent pas en sécurité vu son passif, on ne peut pas la blâmer". 

De son coté, le parquet estime qu'il s'agit de "faits de violences assez simples corroborés par les constatations médicales", ajoutant, "c'est son quatrième passage devant le tribunal pour des faits de violences conjugales". La procureure requiert une peine de 2 ans de prison ainsi que la révocation totale d'un an de sursis probatoire et le maintien en détention. "Il est revenu sur ses déclarations et reconnaît une partie des faits. Il sait qu'il va être condamné car il n'a pas respecté l'interdiction de contact. Il veut se réinsérer, je vous demande une peine moins importante", plaide la défense.

Jean L. est finalement reconnu coupable. Il est condamné à 2 ans de prison et voit son sursis probatoire de 6 mois révoqué. Il reste donc en détention.