Face à la violence, les élus de Mayotte appellent à une journée "île morte" ce jeudi

Rédigé le 14/09/2022
Gaëtan Dumuids

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Afin de mettre l’État face à ses responsabilités dans la situation de violence croissante que connaît l’île, les élus mahorais annoncent une journée "île morte" ce jeudi et pour une durée indéterminée. Les écoles du premier degré seront fermées tandis que le ramassage scolaire n’aura pas lieu. Un mouvement soutenu par les forces de l’ordre et la communauté mahoraise de La Réunion.

Un mois après le passage de Gérald Darmanin, Mayotte est au bord de l’explosion. Ces derniers jours, les faits de violence sont de plus en plus nombreux, poussant les élus à réagir. Hier, les maires, les parlementaires et les conseillers départementaux se sont réunis afin de trouver comment agir face à une situation de plus en plus intenable.

Lundi déjà, des discussions entre élus avaient abouti à des pistes comme demander des comptes aux associations financées par le Département pour lutter contre la délinquance, des décasages (c'est-à-dire l'expulsion des habitants de constructions illégales) et la reprise des terrains occupés. 

​Finalement, c’est hier que les élus ont pris une unique décision avec une journée "île morte" dès jeudi. Les écoles du 1er degré seront fermées, le ramassage scolaire ne sera pas assuré et il est demandé aux parents de garder leurs enfants à domicile. Une décision qui court jusqu’à nouvel ordre.

Les élus mahorais espèrent ainsi mettre l’État devant ses responsabilités en faisant appliquer la loi à Mayotte comme en métropole. Ils sont soutenus par le syndicat Alliance Police 976 qui demande plus de moyens pour assurer la sécurité dans l’île. Ils demandent notamment des renforts de gendarmes mobiles et du RAID.

À La Réunion, le Collectif Ré-MaA, "résistance Réunion/Mayotte en action", va se mobiliser dès 8h devant la préfecture en soutien et pour sensibiliser sur la situation. "Mayotte debout face au terrorisme, nous ne pouvons pas laisser nos familles se faire tuer et notre île brûler sans réagir. L’heure est grave !" souligne le collectif.