Évasion : "Les gendarmes ne me cherchaient pas bien, sinon ils m'auraient trouvé"

Rédigé le 24/01/2023
Regis Labrousse

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Un homme de 37 ans comparaissait ce lundi devant le tribunal judiciaire pour des faits d'évasion à La Possession. Si le mot est fort, il a, dans les faits, coupé son bracelet électronique. Enfin pas lui, son ex-compagne qui ne voulait pas le voir partir.

Si les faits sont simples, les conséquences sont graves pour Jean-Willy G. qui est à la barre pour avoir coupé son bracelet électronique le 10 août 2022 alors qu'il avait rendez-vous au commissariat de Saint-Pierre le lendemain dans le cadre de son contrôle judiciaire. Le problème pour la présidente, c'est qu'il ne s'est pas rendu au commissariat pour expliquer que sa compagne du moment avait coupé son bracelet pour le garder près d'elle. Pour ne rien gâcher, il aura fallu plus de cinq mois pour mettre la main sur lui, soit le 20 janvier dernier. Le tribunal lui reproche également un recel de téléphone pour avoir contacté son ex-compagne pour la menacer alors qu'il était détenu au Port avec une interdiction de contact.

"J'ai flippé par rapport à mon casier, c'est pour ça que je ne me suis pas rendu. Ben, les gendarmes me cherchaient pas bien, sinon, ils m'auraient trouvé", telle est l'explication du prévenu devant le tribunal. "C'est aux gendarmes de vous trouver alors que c'est vous qui êtes en cavale ? Vous ne pouviez pas vous rendre ?", le reprend de volée la présidente.

Il explique qu'il était à Saint-Benoit, puis chez ses parents. Bien entendu, sa compagne du moment est introuvable pour confirmer son histoire, d'autant qu'il ne lui restait que 10 jours de bracelet à faire. En revanche, pour les menaces et les insultes sur son ex-compagne en prison, là, c'est du lourd : "Le téléphone n'était pas à moi. C'est normal que je lui parle comme ça, c'est par rapport à mon fils car elle picole beaucoup". 

Niveau palmarès, l'homme se défend plutôt pas mal : 14 mentions assorties d'un refus catégorique d'effectuer des stages de sensibilisation refusant l'étiquette d'homme violent. "Il ne veut pas saisir le sens des différentes condamnations et n'assume pas son évasion. Il n'entend pas les sanctions judiciaires", tance le parquet qui requiert 1 an de prison pour l'évasion, 6 mois pour la dégradation du bracelet et 6 mois de révocation du sursis précédent.

"Qui coupe son bracelet à 10 jours de la fin ? C'est quelque chose qu'il n'a pas fait de lui-même, j'ai envie de le croire. Il a eu peur de retourner en prison", répond la défense. Jean-Willy G. est finalement condamné à 18 mois de prison au total. La peur n'évite pas le danger, il retourne en prison.