Un motard grièvement blessé dans un choc frontal: "Je sais que j'ai gâché sa vie"

Rédigé le 18/01/2023
Isabelle Serre

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Son passé de délinquant de la route n'a pas empêché Farid S. de conduire le véhicule de son employeur, en état d'ivresse et sans permis de conduire, en mai 2022 sur la route reliant Boucan Canot à Saint-Gilles. Des témoins racontent qu'ils l'ont vu zigzaguer à plusieurs reprises avant le grave accident qui lui vaut d'attendre son procès derrière les barreaux.

Le 15 mai 2022, un terrible accident de la route se produisait sur la RN 1, entre Boucan Canot et Saint-Gilles-les-Bains. Un automobiliste alcoolisé avait été repéré par la voiture qui roulait derrière lui car il faisait des zigzags et dépassait largement la ligne entre les deux voies. Malheureusement pour lui, un motard arrivait en face et ce fut le choc. Le conducteur de deux roues avait été grièvement blessé. A tel point qu'aujourd'hui, huit mois plus tard, ses blessures ne sont pas encore consolidées. 

Le jour des faits, le chauffard roulait dans un véhicule appartenant à son entreprise et alors que son permis de conduire avait été suspendu. Farid S. n'en était pas à son coup d'essai puisque déjà condamné à plusieurs reprises pour délinquance routière dans le passé. Pour exemple, on citera sa dernière condamnation intervenue récemment à Saint-Pierre, dans le cadre de la procédure de plaider coupable, pour une conduite sans permis, sous l'empire d'un état alcoolique et sous l'emprise de produits stupéfiants.

"Je sais que j'ai gâché sa vie"

C'est ce casier judiciaire chargé qui a valu au mis en cause de se retrouver sous les verrous, en détention provisoire dans un premier temps pour quatre mois puis, pour quatre mois supplémentaires. Le juge des libertés et de la détention avait également été alerté par le comportement de Farid S. Celui-ci avait en effet déclaré que son employeur savait qu'il était sous le coup d'une suspension de permis alors qu'il avait en réalité obligation de se déplacer avec un accompagnateur chargé du volant. Après l'accident, Farid S. avait décidé de se cacher, ceci compliquant son interpellation.

"L'alcool banalise ses agissements" a résumé la procureure générale chargée de statuer sur l'appel formulé ce mardi par l'intéressé afin de retrouver la liberté en attendant son procès. "Je regrette. Je sais que j'ai gâché sa vie" aurait enfin admis Farid S. au cours des auditions menées par le juge d'instruction en charge du dossier. "Les faits sont graves à encore souligné Fabienne Atzori, le motard n'a pu recommencer à marcher que deux mois après l'accident".

Des blessures toujours pas consolidées

"Malgré les évènements, son employeur lui fait toujours confiance et a promis de maintenir son CDI, a argumenté l'avocate du chauffard. L'instruction de cette affaire est presque terminée dans la mesure où il ne manque que l'expertise de la victime" a poursuivi le conseil réclamant un contrôle judiciaire strict au soutien des intérêts de son client.

Mais conscients qu'il y avait un risque de réitération des faits et qu'il était très important que le trentenaire reste à la disposition de la justice, les magistrats de la chambre de l'instruction ont décidé ce mercredi que Farid S. resterait, pour l'instant, incarcéré.