Avec 1.28 gramme d'alcool dans le sang, il tire à la carabine dans l'appartement de son ex

Rédigé le 20/09/2022
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Mai 2022, l'alcool a trop coulé et Jonathan S., 34 ans, un casier long comme le bras, commet une série de violences qui l'amènera jusqu'au coup de 22 long rifle dans la porte du logement de la mère de son enfant. Il ne donne aucune explication à son geste et pourra tranquillement y réfléchir lors des trois ans de prison qu'il va devoir passer derrière des barreaux.

"Il y a une nette disproportion entre ce que monsieur explique et ce que ma cliente, qui vit désormais dans la peur, a vécu", détaille l'avocate de Mélanie* qui essuie pendant ce temps quelques larmes furtives sur le banc des victimes. C'est en effet une bonne manière de résumer ce qu'il s'est passé ce 29 mai dernier et qui amène aujourd'hui son ex-compagnon à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Denis.

Ce jour-là, une fête était organisée dans un appartement de Sainte-Clotilde. Jonathan S. s'était pointé alcoolisé et en compagnie d'un chien dont la présence s'était avérée incompatible avec celle des enfants. Brusquement, le ton était monté et Jonathan S. avait brandi un sabre. Une bagarre s'était engagée avec certains invités et des coups de poing avaient fusé. Deux des invités, dont la soeur du mis en cause, avaient été blessés.

L'histoire s'était poursuivie le même jour et dans le même quartier vers 20h30. Des habitants d'un immeuble avaient entendu une forte détonation dans la cage d'escalier. C'est à nouveau Jonathan S. qui faisait parler de lui. Ganté et muni d'une carabine 22 long rifle, il venait de faire feu dans la porte du logement de son ex-compagne. Heureusement, celle-ci n'était pas chez elle.

Avant que la police n'arrive sur les lieux, le trentenaire avait eu le temps de prendre la fuite au volant de son véhicule. Il avait été arrêté quelques minutes plus tard avec 1.28 gr d'alcool par litre de sang. L'arme se trouvait à ses côtés ainsi que des cartouches, dont une était percutée.

Déjà en prison pour d'autres faits

Suite aux auditions des victimes, les enquêteurs avaient pu mettre en lumière le fait que début mai, la compagne avait indiqué son souhait de se séparer suite à une infidélité. Une rupture mal vécue puisque lorsqu'elle l'avait annoncée, elle avait reçu un coup de poing dans la figure.

En raison d'un souci de santé, Jonathan S. comparaissait par visioconférence de la prison de Domenjod où il est incarcéré pour d'autres faits. Invité à s'expliquer, le prévenu n'a pu donner d'autre explication que l'alcool à ce déferlement de violence. "De la violence sous toutes ses formes" résumera la représentante de la société, proposant au tribunal de prononcer la peine de 40 mois de prison assortie d'un sursis probatoire de 10 mois et de différentes interdictions.

N'ayant pas constitué d'avocat pour assurer sa défense, le tribunal s'est immédiatement retiré pour délibérer. Jonathan S. a été condamné à 4 ans de prison, dont 1 an avec sursis probatoire. Il a interdiction de porter une arme et d'entrer en contact ou de paraître au domicile de la victime à sa sortie de détention. Son permis est suspendu pendant six mois.