BichiCAM, l'outil qui compte les bichiques qui remontent les cours d'eau "pour une pêche exploitable et durable"

Rédigé le 19/12/2022
N.P

10

Avec pour objectif de "préserver les bichiques", le projet BichiCAM, porté par l’IRD (Institut de recherche et de développement), vise à "compter les alevins pour anticiper leur pêche et ainsi préserver l’équilibre de cette espèce".

Le communiqué :

Un arrêté d’arrêt de période de pêche aux bichiques (initialement de 15 jours, étendu depuis à 6 mois) couvre actuellement toutes les zones marines et fluviales de La Réunion. Un processus de régularisation accompagne cette règlementation, et son ajustement possible à moyen terme, en concertation avec les pêcheurs, nécessite de disposer de données fiables sur les pêcheries, mais également sur les flux de poissons entrant en rivière.

C'est l'objectif poursuivi par BichiCAM, un outil de comptage compact et mobile des bichiques issu d’une collaboration datant de 2019 entre la société OCEA Consult’ et l’IRD (Institut pour la Recherche et le Développement), et intégrant dorévanant le MNHN UMR BOREA BIOPAC. L’outil se décompose en une partie physique en forme de vouve traditionnelle, qui permet de supporter une caméra étanche filmant dans l’eau les bichiques en migration.

L'outil informatique pour sa part automatise la reconnaissance et le comptage des individus des deux espèces de bichiques (Sicyopterus lagocephalus & Cotylopus acutipinnis) ayant traversés le champ de la caméra au cours d'une séquence.

Le projet BichiCAM porte sur l’écologie, la biologie des organismes et des habitats aquatiques dans des écosystèmes naturels et contraints. L’enjeu est de comprendre, par une approche globale, l’origine, le rôle et les mécanismes de l’évolution de la biodiversité aquatique (des molécules aux écosystèmes), les interactions des organismes entre eux et avec leurs milieux de vie et les réponses aux changements globaux, anthropiques et climatiques, afin de préserver les populations à La Réunion.

L’objectif principal à terme est de généraliser l’utilisation de l’outil BichiCAM dans des rivières de dimension et de profil variés sur tout le territoire, pour suivre, de façon non intrusive, des flux de post-larves de poissons à leur arrivée en rivière. 

Dans le dessein d’aboutir à un outil efficient, des tests de calibrage sont essentiels. Et c’est ce par quoi ont débuté les scientifiques chargés du projet pour la saison de 2022. Où placer le dispositif sur la largeur d’un cours d’eau ? Sur la longueur ? Combien de dispositifs mettre en place pour avoir une estimation précise (représentative) du flux réel de post-larves au sein des embouchures ? Toutes ces questions, et bien plus encore viennent à se poser pour la phase de standardisation de l’outils. Une fois des éléments de réponses apportés à ces questions, il sera possible alors de commencer à l’exploiter pleinement.

L’outil BichiCAM étant aussi destiné à évoluer en terme de panel d’espèces détectées et comptées, des expérimentations d’optimisation ont été également menées depuis le début de cette saison. Dans ce cadre, un nouvel outil complémentaire au bichiCAM a pu voir le jour : la Boxodrome.

Ce nouvel outil a pour objectif d’enrichir la bibliothèque d’images déjà existante et intervenant dans les reconaissances automatisées. Les post-larves de bichiques ne sont pas les seules à recruter, à remonter nos rivières !